Les principaux enseignements tirés de huit projets du PNR 80

© Marco Finsterwald
Temps de lecture : 6 min.

Quelles sont les conclusions du PNR 80 sur la jeunesse, la politique budgétaire, la gouvernance pandémique et la responsabilité sociale? Huit Lay Summaries sont désormais en ligne. Les résumés des autres projets suivront bientôt.

Projet «Travailleuses domestiques et Covid-19»

En raison de leur position sociale et de leur statut juridique, les travailleuses domestiques migrantes ont été particulièrement touchées par la pandémie. Le groupe de recherche «Travailleuses domestiques et Covid-19» a examiné comment le statut juridique et professionnel a influencé la situation précaire et la capacité à agir des travailleuses domestiques migrantes pendant la pandémie de Covid-19. Les résultats montrent que les employées de maison sans statut de séjour garanti et/ou sans contrat de travail formel ont été particulièrement touchées par la perte d’emploi, la l’insécurité financière et un accès limité aux mesures de soutien durant la pandémie. Ces résultats soulignent l’importance de proposer un accompagnement accessible et de renforcer la collaboration entre les pouvoirs publics et les organisations de la société civile afin de gérer efficacement les crises.

Projet «Politique suisse face au coronavirus et entreprises »

Pendant la pandémie de Covid-19, la politique économique a influencé les attentes des entreprises, leur survie et les résultats économiques en Suisse. L’une des principales contributions du projet «Politique anti-covid et entreprises» est un jeu de données recensant 1330 mesures fiscales mises en œuvre durant la pandémie, au niveau fédéral et dans les 26 cantons. Les résultats montrent également que l’efficacité des mesures fiscales ne dépend pas seulement des mesures elles-mêmes, mais aussi de la communication, du calendrier et de la coordination institutionnelle. Pour faire face aux futures crises, il est essentiel de suivre en temps réel l’évolution de la situation économique. Développé dans le cadre du projet, l’outil en ligne «Affectedness Indicator» fournit des informations précieuses aux responsables politiques.

Projet «Les espaces urbains destinés aux jeunes»

Les lieux accessibles où les jeunes pouvaient se retrouver, se dépenser ou se retirer ont revêtu une importance particulière pendant la pandémie. Ils leur ont permis de maintenir des contacts sociaux et une certaine autonomie. Dans le même temps, les jeunes ont été perçus dans l’espace public – notamment à travers les médias – comme des éléments perturbateurs ou irresponsables, et ont fait l’objet d’une surveillance accrue. Pour l’urbanisme et le développement communal, cela implique de préserver et de développer un réseau dense de lieux facilement accessibles et pouvant être utilisés de manière flexible. Ces espaces doivent être aménagés et réglementés de façon à permettre aux jeunes de les fréquenter en toute sécurité et de manière autonome.

Projet «Religion et responsabilité sociale»

Comment les individus ont-ils défini, pendant la pandémie de Covid-19, ce qui constituait un comportement responsable? Comme l’a montré le groupe de recherche, des personnes partageant la même appartenance, religieuse ou non, ont souvent interprété la pandémie de manière différente. La décision de respecter ou de s’opposer aux mesures relève davantage de convictions personnelles. En outre, les individus ne se sont pas contentés de respecter ou de rejeter les mesures, mais ont réinterprété les règles afin de les concilier avec leurs propres valeurs.

Projet «Données en temps de pandémie»

La pandémie de Covid-19 a été l’une des premières grandes crises sanitaires mondiales dont l’évolution a pu être suivie de près grâce à des données en temps réel. Cependant, les résultats du projet «Données en temps de pandémie» montrent que les indicateurs sanitaires, tels que le nombre de cas et de décès, ont dominé la couverture médiatique de la pandémie, tandis que ses aspects sociaux, psychologiques et économiques ont été relativement négligés. De plus, l’accès aux données ne garantit pas leur compréhension. L’un des enseignements pratiques majeurs tirés de ce projet est qu’une communication efficace des données de crise ne se limite pas à la publication de données plus nombreuses ou de meilleure qualité. Elle dépend des conditions dans lesquelles elles sont produites, transmises, visualisées et interprétées. Ces conditions doivent être mises en place avant même le déclenchement d’une crise.

Projet «Au front des crises humanitaires»

Les organisations de première ligne ont joué un rôle essentiel dans l'accompagnement des personnes vulnérables pendant la pandémie. Elles ont assumé un rôle central dans la gestion de la crise, comblé les lacunes en matière d'approvisionnement, adapté leurs offres de soutien et développé de nouvelles prestations. Leurs connaissances et leur expérience peuvent aider, à différents échelons, les décideuses et les décideurs des secteurs public et privé à mieux anticiper les répercussions d’une future crise sur les groupes vulnérables, à y répondre de manière ciblée et à en limiter les conséquences à long terme.

Projet «Justice numérique en droit de la famille»

La pandémie de Covid-19 a entraîné un recours accru aux outils numériques dans les procédures relevant du droit de la famille. Elle n’a toutefois pas entraîné de transition vers une justice numérique chez les professionnel·les et a, parallèlement, mis en évidence un manque de sensibilisation aux inégalités sociales et de genre. En raison de ces constatations, l’équipe du projet formule des recommandations fondées sur des données probantes visant à renforcer les compétences numériques, les infrastructures et la prise de conscience des inégalités. Le groupe de recherche propose en outre des modifications de la législation suisse afin de garantir un accès équitable à la justice numérique en droit de la famille. Il développe également des modules de formation continue à l’intention des praticien·nes.

Projet «Gouvernance suisse et pandémie»

Le Covid-19 a mis à l'épreuve la gouvernance suisse en temps de pandémie. C'est pourquoi le groupe de recherche a analysé comment améliorer le cadre constitutionnel, législatif et institutionnel de la gestion des crises en Suisse. Les résultats soulignent que la Suisse devrait renforcer sa préparation et sa gestion des crises d'un point de vue juridique. Le groupe de recherche a donc élaboré des recommandations concrètes au niveau de la Constitution, de la législation, de l’administration et de la justice.