Le Covid-19 a permis a fortement influencé la formation professionnelle de base.

Quelque 60 personnes ont participé à la conférence de clôture du projet «Formation professionnelle et Covid-19». La journée a montré comment la pandémie de Covid-19 a conduit à des innovations dans la formation professionnelle.
Soixante personnes issues de la pratique, de l’administration et de la recherche ont pris part à la conférence de clôture du projet «Formation professionnelle et Covid-19», le vendredi 19 juin 2026 à la Haute école fédérale en formation professionnelle, à Zollikofen. Avec pour titre «La crise comme moteur à l’innovation? La formation professionnelle duale après le Covid-19», l’événement avait pour objectif de présenter les résultats du projet, conduit dans le cadre du PNR 80, ainsi que d’un autre projet financé par le FNS «La santé au travail: un impensé de la socialisation professionnelle des apprenti·es». Au cours d’une table ronde, les praticiennes et praticiens de la formation duale ont par ailleurs été invités à poser un regard rétrospectif sur la pandémie de Covid-19 et échanger les expériences faites durant la pandémie et à identifier les principaux enseignements à en tirer dans la perspective d’une prochaine crise, dans le contexte des résultats présentés.
La formation professionnelle s’est numérisée
Pour plusieurs participants à la table ronde, la numérisation des pratiques est sans doute le changement le plus marquant induit par la pandémie de Covid-19 sur la formation professionnelle. Apprenti employé de commerce chez Swisscom en 2020, Fabio Gaberthüel a ouvert la table ronde: «Le télétravail m’a permis de gagner en autonomie. Le fait de savoir que je pouvais à tout moment m’adresser à mon équipe sur place m’a rassuré», a-t-il expliqué. La digitalisation a eu impact sur les apprentis, mais aussi sur les formatrices et formateurs. Ainsi Gaby Schmid, responsable de la formation chez login formation professionnelle à Zurich, estime que «la crise nous a permis de développer notre affinité numérique et cela a des effets positifs sur nos pratiques actuelles.»
Quand la restauration innove
«Du côté de la restauration et pour des raisons bien compréhensibles, nous avons complètement raté le train de la numérisation durant la pandémie», a tempéré Florian Ilmer, co-propriétaire d’un restaurant dans le canton de Zürich. «Juste après la pandémie, le temps nous a manqué tant nous avions de travail et de demandes de la clientèle avec le retour à la normale», a-t-il ajouté. Mais la pandémie l’a incité à innover et à lancer avec des pairs, en 2024, Roast and Host, un réseau d’entreprises formatrices dans la restauration qu’il dirige aujourd’hui et qui permet aux jeunes d’accomplir leur formation de deux ou trois ans dans six établissements, pour découvrir la diversité de la branche. Le réseau soutient également les entreprises formatrices pour assurer aux jeunes une formation de haute qualité. Il rencontre le succès et doit être étendu à d’autres cantons.
La formation d’abord
Dans le domaine de la santé, les défis imposés par la pandémie étaient évidemment tout autres. Alors que les établissements de santé étaient proches de la saturation et confrontés à un fort absentéisme en raison de la pandémie, « Nous avons dû confier plus de tâches et de responsabilités aux apprentis employés de commerce et logisticiens, par exemple la livraison de matériel au personnel et aux patients, heureusement sur une courte durée.», a affirmé Myriam Bezençon, coordinatrice au sein du Réseau hospitalier neuchâtelois. A l’Insel Gruppe, à Berne, «nous avons réussi à donner la priorité à la formation des assistantes et assistants en soins et santé communautaire et à l’accomplissement de tâches conforme à leurs compétences», a témoigné Monika Schäfer, responsable de la formation à la direction des soins de l’Insel Gruppe et membre du comité de l’OdASanté, l’organisation nationale faîtière du monde du travail en santé. «Dans les hôpitaux toutefois, les défis rencontrés par nos apprenti·es ne se sont pas arrêtés avec la pandémie, a -t-elle ajouté. L’hôpital devait rattraper le retard pris dans les interventions non-urgentes, mais en même temps de nombreuses personnes voulaient planifier des vacances ou compenser le temps de travail supplémentaire. Ces changements rapides au niveau des conditions cadres ont mis beaucoup de pression sur les apprenti·es.» L’Insel Gruppe a lancé en 2022 le programme «strong@work» afin de soutenir les jeunes sur le chemin vers la qualification professionnelle d’assistant·es en soins et santé communautaire. Ce programme se concentre sur la santé mentale des apprenti·es.
Développer une offre de soutien stable
Le travail du groupe de recherche du PNR 80 «Formation professionnelle et Covid-19» confirme ces appréciations du terrain. «Nos résultats montrent que si la formation duale a globalement bien résisté à la crise, les expériences faites par les apprentis et les entreprises ont largement varié en fonction de l’impact de la pandémie sur la charge de travail des différents métiers», explique Irene Kriesi, co-coresponsable du projet et professeur à la Haute école fédérale en formation professionnelle. Le groupe de recherche souligne l’importance de mettre à disposition des apprentis un soutien fiable durant la crise. «Ce soutien doit prioriser le maintien en formation et la santé des apprenti·es», conclut David Glauser, co-responsable du projet de recherche et professeur à la Haute école pédagogique de la Fachhochschule Nordwestschweiz.
